02 février 2012

La bouteille à la mer de Thierry Binisti

Tal vit à Jérusalem avec ses parents. Elle va au lycée, sort avec ses copines, fume quelques cigarettes, flirte avec un copain de classe.
Malheureusement la réalité de la guerre la rattrape souvent. Alors après l'explosion d'un kamikaze dans un café en bas de son domicile, elle demande à son frère engagé dans l'armée de jeter à la mer une bouteille contenant un message: elle y raconte en quelques lignes ses inquiétudes et ses interrogations sur le conflit, sur le monde qui l'entoure.
Elle laisse une adresse e-mail, au cas où quelqu'un ouvrirait un jour cette bouteille, au cas où quelqu'un souhaiterait lui répondre. Peu d'espoir.




Bip ! Un nouveau mail ! C'est un certain "Gazaman". Il a ouvert sa bouteille.

S'engage alors un dialogue entre ces deux jeunes, ces deux nationalités, ces deux parcours de vies, entre espoirs et désespoirs.

Mon avis:
Que dire si ce n'est que le conflit israelo-palestinien n'est évidemment pas un sujet facile à traiter du fait entre autres de son caractère contemporain et de son extrême sensibilité ? Pas facile donc de prendre du recul, d'analyser.
Thierry Binisti, le réalisateur, et Valérie Zenatti, l'auteure du roman à l'origine de ce film, ont selon moi réussi l'exploit de conférer une humanité à ce conflit tout en prenant bien soin de ne prendre parti pour aucun d'un des deux côtés.


On y voit bien les convictions de chacune des parties, les difficultés et les bonheurs de chacun.
Tout pourtant semble séparer ces deux adolescents: leurs conditions sociales, leurs libertés, leurs quotidiens, même leurs avenirs. C'est finalement ce conflit qui les rapproche et les unit. Thierry Binisti peint donc un portrait plein d'émotion de ces deux jeunes humains dont le quotidien est rythmé par la peur.

Un film intéressant, un film émouvant, un film intelligent. Peut-être même qu'il pourrait être diffusé dans les écoles tellement il offre une vision globale du conflit et de chacun de ses acteurs.
Un film à voir !

Au cinéma le 8 février.




28 janvier 2012

John McCabe, un pionnier à la Cinémathèque

La cinémathèque française organise en ce moment des projections autour du thème "Récits Américains" en mettant à l'affiche plusieurs films de Clint Eastwood, Steven Spielberg et Robert Altman.

Après un HonkyTonk Man (1982) de Clint Eastwood vu en décembre, j'ai vu en janvier John Mc Cabe (1971) de Robert Altman.




Synopsis :
En 1902, John McCabe, un as du poker, arrive à dans une petite ville en construction. Il décide d'y ouvrir son propre saloon, et ramène filles et tables de jeux pour les habitants.


Evidemment, il suffisait du mot "poker" dans le résumé pour me donner envie de voir ce film.



Mais en fait il y a très peu de poker, car toute l'attention de John Mac Cabe se focalise sur son business (sa maison close devient très convoitée), et notamment la mystérieuse Mme Miller, qui est la gestionnaire du lieu.






John Mac Cabe, si sombre et froid au début du film, va alors s'ouvrir progressivement, dévoilant ses faiblesses, ses incertitudes, devant cette Miss Miller qui lui résiste..

Quant au Leonard Cohen en bande son et à l'image jaunie, cela colle parfaitement à la vie "à la dure" que menait les pionniers de la conquête de l'Ouest.
Un témoignage intéressant.

Le cycle Robert Altman dure jusqu'au 11 mars 2012 à la cinémathèque française


5 films de Robert Altman - Présentation par Olivier Père

22 janvier 2012

La Taupe... taupe qui peut !

Pour bien commencer l'année 2012 et continuer sur notre belle lancée de nombreuses critiques rédigées en 2011, nous nous sommes rendus à l'avant-première de La Taupe, film très attendu de ce début d'année.



Oui, c'est que le menu du film est très alléchant:
Gary Oldman, le méchant des mythiques Luc Bessonesque Léon et Le Cinquième Elément. Certes, Sirius Black d'Harry Potter aussi.
Colin Firth, qu'on a pu voir dans le Discours d'un Roi et dans Le Journal de Bridget Jones.
Ciarán Hinds, qui m'a personnellement beaucoup marqué dans la série Rome en incarnant Jules César, mais qui a aussi été remarqué dans Bons baisers de Bruges et AUSSI dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, dans le rôle d'Abelforth Dumbledore (et de deux !).

C'est dans un contexte de guerre froide qu'a lieu ce film d'espionnage réalisé par Tomas Alfredson.

Résumé :
En 1973, les Etats-Unis, la Russie et le Royaume-Uni entretiennent des relations glaciales (c'est le cas de le dire), et tous les services secrets sont donc aux aguets.
L'agent Smiley se voit confier la mission suivante : trouver la Taupe soviétique supposée qui se serait infiltrée au sein des servies secrets britanniques - c'est à dire dans sa propre équipe.



C'était pourtant bien parti n'est-ce pas ? Un bon cast, une bonne intrigue.

Oui, mais Ô toi grand lecteur de Critique Ouverte, tu sais maintenant que trop nombreux sont les films qui, sous l'aspect brillant des paillettes, ne font que refléter la forme sombre et terne d'une réalisation ennuyeuse et privée de tout suspens. La Taupe n'échappe malheureusement pas à ce constat bien peu flatteur.

Pas de surprises, une pléthore de longueurs, des jeux d'acteurs peu prenants, une fin que l'on devine rapidement. L' intrigue n'est finalement pas si bien ficelée, et elle reste relativement floue car peut-être un peu trop complexe.
On voit Gary Oldman marcher, se baigner, puis remarcher, puis se baigner encore, réfléchir, marcher à nouveau, et ce pendant de longues minutes. Le tout ponctué par... très peu de dialogues.

En somme, pour un film d'espionnage, nous nous attendions à plus de rebondissements, plus de recherches.

En conclusion, une note plus que moyenne pour ce film qui mériterait que l'on modifie l'expression "Etre myope comme une taupe" en "Etre lent comme La Taupe" :-)

Au cinéma le 8 février 2012.

La bande-annonce :


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