27 septembre 2018

La Saveur des ramen

La Saveur des ramen réalisé par Eric Khoo
Avec Takumi Saitoh, Jeanette Aw Ee-Ping, Mark Lee
En salle le 3 octobre 2018


Synopsis
Masato, jeune chef de Ramen au Japon, a toujours rêvé de partir à Singapour pour retrouver le goût des plats que lui cuisinait sa mère quand il était enfant. Alors qu’il entreprend le voyage culinaire d’une vie, il découvre des secrets familiaux profondément enfouis. Trouvera-t-il la recette pour réconcilier les souvenirs du passé ?



Mon avis
La saveur des ramen est un film centré sur l'art de la table. On sélectionne ses produits minutieusement, on prépare avec délicatesse, on ajoute les ingrédients un à un, on goute avec attention, on fait gouter avec générosité, on partage, on apprécie...

L'histoire est celle d'une famille d'abord, qui tous travaillent en cuisine, dans leurs restaurants. Le père vient du Japon, la mère de Singapour, mais la grand-mère maternelle refuse d'accepter cette relation à cause du conflit sino-japonnais qui a causé beaucoup de souffrance.



Le petit fils appartient à la nouvelle génération, il veut renouer avec ses origines, et parallèlement il souhaite mettre au point une nouvelle recette.
Cette recette va s'inspirer des traditions des deux pays, et sera synonyme de réconciliation.

Par cet aspect, le film est très politique, et explique pourquoi l'ambassadeur de Singapour accompagnait l'équipe du film lors de l'avant-première.




Néanmoins pour parler du film, on note quelques faiblesses.
Il est lent, bascule par moment dans le sentimentalisme, soutenu par une petite musique enfantine. Il y a des larmes, et le jeu d'acteur sonne parfois faux.
Les personnages sont assez simplistes et manquent de profondeur, le scenario linéaire, prévisible.Seul l'oncle, qui parle anglais, amène une énergie communicative, et un peu d'humour qui font beaucoup de bien au film.



Quant au positif, déjà, le film donne faim ! (voir la bande-annonce en guise d'amuse-bouche)
Il n'est pas du tout vegan-friendly, mais il donne envie de visiter Singapour, le Japon et leurs restaurants. Ou, à defaut pour les parisiens, d'aller faire un tour vers les restaurants du quartier St Anne.

Et j'oubliais presque, merci à Allociné pour l'invitation à cette avant première, et au food-truck qui, pour l'occasion, nous a servi de déliceux ramen.




09 août 2018

Frances Ha à La Villette

Film de Noah Baumbach
Avec Greta Gerwig, Mickey Sumner, Michael Esper
 Comédie et drame - 1 h 26 min - date de sortie : 1 septembre 2012

Synopsis :
 Frances rêve d’être danseuse, mais quand sa meilleure amie Sophie déménage, elle doit faire face à la réalité et prendre sa vie en main.


Mon avis :

D'abord le cadre : le Festival de Cinéma en plein air de la Villette dans des conditions très confortables (temps frais, chaise longue, petite couverture) - merci Allociné :)



Et pour le film, c'est une très bonne surprise. Ci-dessous ma critique :

Frances est une fille, hétéro, très attachée à sa meilleure amie. Elles ont vécu en colloc, et Frances a vécu son fin de cette colloc comme une rupture. C'est à contre coeur qu'elle fait le deuil de cette relation, elle lui fait une scène de jalousie lorsqu’elle se met en couple, l'invite à partage son petit lit une place lorsqu'il faut l'héberge, lui court après quand elle part de chez elle, lui jette des regards attendris...



Cette amitié est une histoire d’amour, mais asexuée. Le sexe d’ailleurs, Frances ne s’y intéresse pas vraiment. Elle est attirante, plusieurs hommes tentent de l’approcher, mais elle n’en a pas envie, elle se plait à se définir comme "undatable". Ce qui lui importe, c’est de garder sa complicité avec sa meilleure amie,d'être celle à qui celle-ci racontera ses journées.

Frances rêve de devenir danseuse, mais elle n’est pas assez douée. Pas facile de l’admettre. Si elle saisit l’opportunité qui se présente de travailler pour le secrétariat d’une compagnie de danse, alors elle tire un trait sur son rêve de petite fille. Un choix compliqué.

Lorsqu’elle part à Paris sur un coup de tête, c’est un fiasco. Mal organisée, elle ne verra pas les personnes qu'elle voulait, et va manquer une fête de départ.


Son univers est le New York 'tendance'. Les soirées dans des appartement spacieux sont des moments de réseautage, de représentation sociale. Chacun se met un peu en avant, on montre qu'on sait s'amuser, on montre qu'on jouit d'une situation enviable. Mais Frances ne rentre pas vraiment dans les clous, elle admet qu’elle n’a pas de situation stable, sans vraiment se soucier de l’opinion des autres. Elle dit parfois ce qu’il ne faut pas dire, elle peut -sur demande- improver des mouvements de danse, sans avoir peur du ridicule. Elle est entière, et n'a pas peur de choquer.
La vie de Frances est à contre-courrant (comme l’un des danseur de sa chorégraphie en fin de film). Ce n’est pas qu’elle refuse d’être dans la norme, mais ses envies, ses aspirations lui sont propres. Elle voit ses copines autour s'installer, parler mariage et enfant, mais elle se cherche encore.




Frances avance dans la vie à sa façon, avec ses contradictions, mais elle est authentique, sincère, et surtout elle croque la vie, comme on le voit dans cette scène où elle court dans la rue sur la chanson de Bowie Modern Love (référence à Mauvais Sang, de Leo Carax -  scène).
Modern, ce film l’est incontestablement. La femme du 21e siècle est libre, libre d’errer à sa façon, de faire ses choix seule, sans sa famille ou un homme pour lui dicter sa conduite.

Comme le film Manhattan de Woody Allen pour son époque (1979), ce film est un film contemporain, citadin, frais.

A voir..

Film disponible en DVD sur fnac.com

25 juillet 2018

Roulez Jeunesse


Roulez Jeunesse
un film de Julien Guetta
avec Éric Judor, Laure Calamy, Brigitte Roüan


Synopsis :
Alex, 43 ans, est dépanneur automobile dans le garage que dirige sa mère d'une main de fer. Un jour, il dépanne une jeune femme et passe la nuit chez elle ; mais au petit matin, elle a disparu, lui laissant trois jeunes enfants sur les bras..


Mon avis :
Eric Judor dans un film assez sérieux, soyez prévenus.
Alexandre, le personnage de Judor est humain, avec ses faiblesses, ses contradictions.
Son confort et son insouciance sont rattrapés par son sens des responsabilités, son besoin de se sentir utile. Il est drôle, attachant.


Le jeune Ilan Debrabant -qui joue le petit Kurt- sort du lot, beaucoup de répondant pour un acteur de 6 ans. On aurait aussi aimé que les personnages qui gravitent autour de Alexandre (Nelly l’assistante sociale, Lou la maitresse non assumée) soient approfondis, pour apporter un peu de complexité au scénario.

Bonne bande son également (example entre autre le magique Nights in White Satin). Suffisamment bonne pour que je la note.

Eric Judor a toujours été un maitre de l’humour pour moi. Il m’a beaucoup influencé, malheureusement pour mon entourage, héhé. Le classique des classiques étant le spectacle d’Eric et Ramzy au Palais des Glaces (dans mon enfance, la seule cassette VHS du spectacle a été lue des dizaines de fois) et j’aime décidément bien le Eric Judor dans des rôles plus réalistes. Je vous conseille d'ailleurs la série Platane, qui figure en haut de ma liste des séries françaises.

Ravi donc que Eric parvienne à se faire une place dans le cinéma français.




Merci aussi à Eric qui, lors de l'avant premiere, s'est généreusement porté candidat pour enseigner les bases de la pyromanie aux enfants présents.
vidéo (avec avis des spectateurs) : https://www.youtube.com/watch?v=yCV5nZxPEK8


Film en salle le 25 Juillet 2018
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...