08 avril 2019

Erreur des pompes funèbres en votre faveur


Une comédie de Jean-Pierre Martinez
jouée par les Droles Gaillanais
Troupe de Théatre de Gaillan (région du Médoc)
mise en scène de Christian Sébille
affiche de Camille Piantanida       


Synopsis
Alban a organisé une petite réception pour honorer les cendres de son grand-père qui vient de disparaître. Mais suite à une erreur des Pompes Funèbres, c'est son propre nom qui figure sur le faire-part...


Mot du metteur en scène
"Un peintre raté, une alcoolique, un curé à l'ouest, un meilleur ami opportuniste... la liste des personnages est grande et la tentation d'en faire une matière absurde l'était tout autant. C'est en orientant volontairement le travail sur la face saugrenue de ces protagonistes, en tirant les traits pour en faire matière de jeu dans une situation tragique, que les comédiens ont composé leurs rôles. Des personnages décalés sur scène, mais qui peut-être feront écho. Sûrement en avons-nous déjà croisés qui auraient pu être de ceux-là."




Mon avis
Cette troupe d'amateurs livre un résultat quasiment professionnel.
Les points forts sont d'abord l'histoire. Il y a du rythme, du comique essentiellement de situation, et même si on tombe par moment dans le travers du théâtre de boulevard (exemple avec le personnage lesbien, ou l'anecdote du travelot), cet aspect n'est pas trop poussé, et il plait au public qui rit volontiers sur ces passages.
Ensuite le décor. Il met d'amblée plein la vue et permet une immersion rapide dans l'histoire.
Et comme dernier point fort, les deux personnages principaux : Alban, artiste peintre (interprété par Nicolas Veillon, président de la troupe), et sa femme Eva (interprétée par Aurélie Mallet). Les deux personnages sont l'armature de l'histoire, avec lesquels les autres protagonistes viennent interagir. Ils se répondent du tac au tac, donnent beaucoup d'énergie, et installent ce fameux rythme de jeu indispensable pour que l'humour soit efficace.
Cet humour en tout cas a fait mouche ce samedi soir dans la salle des fêtes de Gaillan, puisque dès les premières répliques, le public a commencé à rire, discrètement, pour se lâcher, rire à gorge déployée dans la seconde partie.



Un succès pour les artistes et un bon moment pour spectateurs qui ont semblé ravi.
En opposition au cinéma, le théâtre (et plus généralement le spectacle vivant) m'est apparu ce soir là comme une chance pour la vie communautaire, car il rapproche les spectateurs, permet des interactions entre habitants. Et le rire, c'est bon pour la santé.


Bravo à la compagnie des Drôles Gaillanais.


Les prochaines représentations de cette pièce :
Le 15 juin 2019 à Queyrac 20h30
Le 21 septembre 2019 à Vendays
Le 12 octobre 2019 à Vensac

Pour rester informé de l'actualité de la troupe : suivre leur page facebook

10 février 2019

Le Chant du Loup



Le Chant du loup, réalisé par Antonin Baudry 
avec François Civil, Omar Sy, Mathieu Kassovitz et Reda Kateb.



Synopsis
Un jeune homme a le don rare de reconnaître chaque son qu’il entend. A bord d’un sous-marin nucléaire français, tout repose sur lui, l’Oreille d’Or. Réputé infaillible, il commet pourtant une erreur qui met l’équipage en danger de mort. Il veut retrouver la confiance de ses camarades mais sa quête les entraîne dans une situation encore plus dramatique. Dans le monde de la dissuasion nucléaire et de la désinformation, ils se retrouvent tous pris au piège d’un engrenage incontrôlable.




La critique de Thomas
Cette avant-première nous plonge rapidement dans le monde des sous-mariniers. Les premières scènes du film nous offre un dialogue plutôt technique parfois même incompréhensible mais qui après quelques minutes arrive néanmoins à nous mettre sous tension, sensation anxiogène quasiment présente tous au long de l’histoire.

On découvre rapidement tout l’enjeu du personnage de Chanteraide (François Civil) dans son poste d’Oreille d’Or, autrement dit l’analyseur-acoustique, chargé de décrypter tous les sons autour du sous-marin, du simple dauphin au sous-marin ennemi. La bande son joue d’ailleurs son rôle et permet au spectateur de se mettre dans la peau de ce personnage.

Le premier combat au large de la Syrie offre un réalisme convainquant hormis son dénouement qui est l’une des seules scènes en décrochage avec le reste du film et qui se rapproche de la science-fiction.

La relation amoureuse de Chanteraide est le seul bémol du film et n’a que très peu d’intérêt dans le cours de l’histoire.

Pour son premier long-métrage, Antonin Baudry nous offre un film que l’on ressent comme documenté et le débat avec ce denier qui a suivi la protection nous a démontré la passion du réalisateur pour ce monde des sous-marins.

Un très bon divertissement.


En salle le 20 février 2019

23 janvier 2019

My Beautiful Boy


My Beautiful Boy, réalisé par Felix van Groeningen 
Avec Steve Carell, Timothée Chalamet et Maura Tierney


Synopsis
Pour David Sheff, la vie de son fils, Nicolas, un jeune homme billant, sportif, à l’esprit vif et cultivé, était déjà toute tracée : à ses 18 ans, Nic était promis à une prestigieuse carrière universitaire.
Mais le monde de David s’effondre lorsqu’il réalise que Nic a commencé à toucher à la drogue en secret dès ses 12 ans. De consommateur occasionnel, Nic est devenu accro à l'héroïne et plus rien ne semble possible pour le sortir de sa dépendance.
Réalisant que son fils et devenu avec le temps un parfait étranger, David décide de tout faire pour le sauver. Se confrontant à ses propres limites mais aussi celles de sa famille.


Mon avis - !! contient spoilers !!
Une avant-première avec présentation du film par le jeune acteur Timothée Chalamet, grand sourire, vraisemblablement content d'être devant nous, et dégageant une énergie positive.


Une bonne humeur qui rentre en contraste avec le thème du film, assez sombre. Il est question de désespoir, le désespoir d'un père devant le comportement auto-destructeur de son fils, devenu accro aux drogues dures (méthamphétamine, héroïne, médicaments, etc..).

Le réalisateur Felix van Groeningen a déjà à son palmarès plusieurs très bon films dramatiques
* La Merditude des choses (2009) où il était question d'alcoolisme.
* Alabama Monroe (2012) une histoire d'amour puis un deuil, vraiment émouvant.
* Belgica (2016) dans le monde de la nuit, avec ses tentations en tout genre.

Pour ce film, on reste dans le registre du drame, de l'émotion bouleversante. Mais Felix est sorti de sa zone de confort. Il a traversé l'Atlantique, et s'est dôté de belles têtes d'affiche pour ses premiers rôles.



Steve Carell interprête le père. Il est loin des rôles comiques qui l'ont fait connaitre, mais joue très bien un père empathique, tendre, qui alterne entre désespoir et rage de ne pas pouvoir changer son fils. C'est lui le personnage principal du film, et son fils incarné par Timothée Chalamet apparait comme une énigme, un être qui est pris dans une spirale hors de tout contrôle.


Remontent à la surface les souvenirs de l'enfance de son fils, des séquences de nostalgie qui permettent au spectateur de mieux comprendre la construction psychologique de son fils. Des parents séparés, un père placé sur un piedestal, travaillant pour Rolling Stones Magazine, initiant son fils à Nirvana (Est-ce sérieux de faire écouter Territorial Pissings à son fils de 7 ans ?) ou à de la littérature alternative (Attention aux auteurs torturés). Egalement un échange dans lequel le père admet avec un sourire en coin avoir testé certaines drogues dans son enfance, ce que son fils prend non seulement pour un feu vert, mais la drogue devient une terre d'aventure dans laquelle il a l'opportunité de transcender, de dépasser son père, si parfait.

Contrairement aux films de référence sur la consommation d'héroine comme "Requiem for a Dream", "Trainspotting" ou "Basketball Diaries", le film n'est pas centré sur le consommateur. Notre jeune junkie s'exprime peu, sauf lorsqu'il prend la parole durant une cure de désintoxication, et qu'il décrit un grand trou noir à l'intérieur de lui, un grand vide qu'il essaye vainement de combler en prenant toutes les substances à sa portée.



La famille, elle ne sait pas comment réagir face à la lutte contre l'addiction de leur fils. Dans un premier temps, ils l'aident moralement et financièrement, mais au fil du temps, le fils s'éloigne et ils ont de moins en moins d'espoir de sauver leur fils, et réalisent qu'il s'agit de faire le deuil de l'enfant qu'ils ont connu.


Face aux problème de la consomation de drogue dure, ce film a un impact, car il sensibilise le public.
Il n'attenue en rien le pouvoir attractif de la drogue pour les adolescents qui découvrent leur corps, leurs sensations, leurs émotions, mais il est important de communiquer autour les risques de tomber dans une spirale addictive, et des souffrances que ça entraine.




Bravo Felix pour ce film émouvant et réaliste.



La bande annonce sur youtube

La bande son :
1. "Treasure" - Sampha
2. "Helicon 1" - Mogwai
3. "Protection" - Massive Attack
4. "Territorial Pissings" - Nirvana
5. "Sound and Vision" - David Bowie
6. "Song To The Siren (Take 7)" - Tim Buckley
7. "Svefn-g-englar" - Sigur Rós
8. "Bridge" - Amon Tobin
9. "Haiti" - Pan Sonic
10. "Beautiful Boy (Darling Boy)" - John Lennon
11. "Wiseblood (Johnny Jewel Remix) - Zola Jesus and Johnny Jewel
12. "Nanou2" - Aphex Twin
13. "Of Once and Future Kings" - Pavlov's Dog
14. "Symphony No. 3, Op. 36 II. Lento e Largo - Tranquillissimo" - Dawn Upshaw, London Sinfonietta & David Zinman


Un film en salle le 6 février 2019.
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